Le Je-ne-sais-quoi et le Presque-rien

La rose de personne

Publié le 30 Décembre 2008 par Atalante dans Morceaux choisis



                                                                       


 PSAUME


Personne ne nous repétrira de terre et de limon,
personne ne bénira notre poussière.
Personne.

Loué sois-tu, Personne.
Pour l'amour de toi nous voulons
fleurir.
Contre
toi.

Un rien
nous étions, nous sommes, nous
resterons, en fleur :
la rose de rien, de personne.

Avec
le style clair d'âme,
l'étamine désert-des-cieux,
la couronne rouge
du mot de pourpre que nous chantions
au-dessus, au-dessus de
l'épine.


                La rose de personne (Die Niemandsrose), Paul Celan.



                                                                           




PSALM

Niemand Knetet uns wieder aus Erde und Lehm,
niemand bespricht unsern Staub.
Niemand.

Gelobt seist du, Niemand.
Dir zulieb wollen
wir blühn.
Dir
entgegen.

Ein Nichts
waren wir, sind wir, werden
wir bleiben, blühend :
die Nichts-, die
Niemandsrose.

Mit
dem Griffel seelenhell,
dem Staubfaden himmelswüst,
der Krone rot
vom Purpurwort, das wir sangen
über, o über
dem Dorn.






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On parle de moi ?

Publié le 23 Décembre 2008 par Atalante dans Chemin faisant











 

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L'heure de la passée

Publié le 22 Décembre 2008 par Atalante dans Morceaux choisis







L'HEURE DE LA PASSÉE



Ceux qui partent pour les nuages
Se séparent de leur raison
La mer ouverte à l'oeil unique
Est leur taciturne horizon.




                 Loin de nos cendres
(1926-1982), René Char.







































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Tu ne dis jamais rien

Publié le 20 Décembre 2008 par Atalante dans Que mon livre demeure









    Tu ne dis




















    Jamais






























Rien








Tu ne dis jamais rien
. Léo ferré


 

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Faire des pieds et des mains

Publié le 16 Décembre 2008 par Atalante dans Je demain






                            Main

                           



 

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Les mots d'amour

Publié le 16 Décembre 2008 par Atalante dans Que mon livre demeure


























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Cris et chuchotements

Publié le 16 Décembre 2008 par Atalante dans Sylva



                                                                                                      







































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Ne dormir que d'un oeil

Publié le 8 Décembre 2008 par Atalante dans Histoires d'oiseaux






























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Mouettes rieuses

Publié le 7 Décembre 2008 par Atalante dans Histoires d'oiseaux







































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Vox

Publié le 2 Décembre 2008 par Atalante dans Billets d'humeur

 







Monsieur ou Madame Neutre ne me rassurent pas le moins du monde.
Ils me font peur.
Ils sont souvent trop égaux à eux-même.

Pourquoi croyez-vous que le saut élastique existe ?
Pour faire naître de l'émotion à ces absents, ces avares de la vie.

Oggi, c'est la crise. Nos présidents sont des supermen. On frémit : "Yes, we can". Je souhaite vraiment qu'ils puissent. Mais je crois aussi aux initiatives individuelles. Et aux contre-pouvoirs (?). Et à la presse (mais pas l'Officielle de tous les pouvoirs).

Le climat est un peu délétère. On emprisonne même les petiots. Pourquoi ? Pour que la révolte soit criminalisée dès le berceau.
C'est quoi déjà un régime totalitaire ?

Non, je n'ai pas peur.

Monsieur ou Madame Neutre n'ont pas de convictions, ne sont ni pour ni contre, ne s'engagent pas, ne font jamais leur Hamlet de service.
Ils sont pleutres. Ils n'ont pas de courage. Et quand ils parlent c'est pour être Le consensus. Ils n'aiment pas les problèmes.
Le problème, c'est qu'on en a toujours. Même si on ne les cherche pas.  Je vous citerais bien un texte de Norge "
On ne sait jamais".

Où est leur coeur ?

J'ai toujours eu peur des normopathes.

Ma foi, je préfère encore les enr(g)agés et tout ce qui finit par -pathe.

S'ils prennent  de la place, c'est qu'ils viennent toujours en compagnie de leur coeur.
J'aime les personnes hautes en couleur. Elles manquent de discrétion comme le voudrait la rébellion tranquille.
Le savoir-vivre de la révolte clean c'est de ménager un peu tout le monde.
Se révolter, oui, mais pas trop. Juste ce qu'il faut.

Vous reprendrez bien un peu d'Éthique toc ?

Voilà, vous l'aurez deviné, je préfère Léo Ferré, mort un quatorze juillet, sans battage médiatique (je l'ai vu chanter deux fois, j'avais dix-sept ans et vingt-six ans: tout un poème..) à Alain Souchon (un peu de Monod, un peu d'Arlette, un peu de Rive-Gauche, un peu de Foule sentimentale).
Voici une chanson de Léo Ferré (jamais reprise ?), à mille lieux de la vulgarité et de l'impudeur Made in Média, qui va me faire beaucoup d'ami(e)s, j'en suis certaine :


TON STYLE C'EST TON CUL


Ton style c'est ton cul c'est ton cul c'est ton cul
Ton style c'est ma loi quand tu t'y plies salope !
C'est mon sang à ta plaie c'est ton feu à mes clopes
C'est l'amour à genoux et qui n'en finit plus
Ton style c'est ton cul c'est ton cul c'est ton cul

Tous ces ports de la nuit ce môme qu'on voudrait bien
Et puis qu'on ne veut plus dès que tu me fais signe
Au coin d'une réplique enfoncée dans ton bien
Par le sang de ma grappe et le vin de ta vigne
Tout cela se mêlant en mémoire de nous
Dans ces mondes perdus de l'an quatre-vingt mille
Quand nous n'y serons plus et quand nous renaîtrons
Tous ces trucs un peu fous tout cela c'est ton style

Ton style c'est ton cul c'est ton cul c'est ton cul
Ton style c'est ton droit quand j'ai droit à ton style
C'est ce jeu de l'enfer de face et puis de pile
C'est l'amour qui se tait quand tu ne chantes plus
Ton style c'est ton cul c'est ton cul c'est ton cul

A tant vouloir connaître on ne connaît plus rien
Ce qui me plaît chez toi c'est ce que j'imagine
A la pointe d'un geste au secours de ma main
A ta bouche inventée au-delà de l'indigne
Dans ces rues de la nuit avec mes yeux masqués
Quand tu ne reconnais de moi qu'un certain style
Quand je fais de moi-même un autre imaginé
Tous ces trucs imprudents tout cela c'est ton style

Ton style c'est ton cul c'est ton cul c'est ton cul
Ton style c'est ta loi quand je m'y plie salope !
C'est ta plaie c'est mon sang c'est ma cendre à tes clopes
Quand la nuit a jeté ses feux et qu'elle meurt
Ton style c'est ton cœur c'est ton cœur c'est ton cœur



Pour moi, Hamlet, c'est du passé. J'ai donné.
Après, j'ai fait Églée, Junie, Ophélie, Nina, Antigone,  Hermione.

Après, j'ai fait Moi.

Aujourd'hui, je suis Jeanne-pathe.




Le romanesque, on le range au rayon Littérature.

L'érotisme, (enfin, restons dans les mots sublimes) au rayon  Vidéos du samedi soir.

L'amitié, au rayon Ca peut toujours servir.

L'amour, au rayon Plutôt hygiénique et confort que rien du tout.

La gaité, (qui est la moindre des politesses du désespoir et peut-être une vertu m'a soufflé R., un ami-pathe) au rayon Télégénique avec les sinistres professionnels du sourire.

Le désir, au Supermarché.


Je veux sauver la France.

J'ai peur de notre gouvernement.

YES, j'ai peur du monde dans lequel je vis.

NON, JE N'AI PAS PEUR.

J'aimerais pouvoir agir, pauvre de moi, aucune voix pour me dire ce que je dois faire.

Une chose est sûre. Je ne suis pas venue en villégiature sur cette terre.

 

 

 

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