Le Je-ne-sais-quoi et le Presque-rien

Je fais peu de cas des richesses

Publié le 31 Mars 2009 par A*TALANTE dans Morceaux choisis






RICHES I HOLD IN LIGHT ESTEEM


Riches I hold in light esteem
And love I laugh to scorn
And lust of Fame was but a dream
That vanished with the morn—

And if I pray, the only prayer
That moves my lips for me
Is— "Leave the heart that now I bear
And give me liberty."

Yes, as my swift days near their goal
'Tis all that I implore—
Through life and death, a chainless soul
With courage to endure !


                                                                   March I, 1841

                Emily Jane Bront
ë, Poèmes, Poésie/Gallimard





                                                        


JE FAIS PEU DE CAS DES RICHESSES


Je fais peu de cas des richesses
Et je tiens l'amour en mépris ;
La gloire désirée ? Un songe
Évanoui avec le matin —

Si je prie, la seule prière
Qui remue mes lèvres pour moi,
C'est : " Laisse le coeur que je porte
Et me donne la liberté."

Comme s'enfuient mes jours rapides,
Oui, c'est là tout ce que j'implore :
Vive ou morte, une âme sans chaînes
Et le courage d'endurer.


                                        1er mars 1841


 

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Certains ciels

Publié le 25 Mars 2009 par A*TALANTE dans Morceaux choisis








           Enfant, certains ciels ont affiné mon optique : tous les caractères nuancèrent ma physionomie.
            (...)

                                                Extrait de Guerre, Illuminations, Arthur Rimbaud.








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Mon petit canard

Publié le 24 Mars 2009 par A*TALANTE dans Histoires d'oiseaux


















































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Aveux et Anathèmes

Publié le 17 Mars 2009 par A*TALANTE dans Morceaux choisis


   
 


     Appliquer le même traitement à un poète et à un penseur me semble une faute de goût. Il est des domaines auxquels les philosophes ne devraient pas toucher. Désarticuler un poème comme on désarticule un système est un délit, voire un sacrilège.
   Chose curieuse : les poètes exultent quand ils ne comprennent pas ce qu'on débite sur eux. Le jargon les flatte, et leur donne l'illusion d'un avancement. Cette faiblesse les rabaisse au niveau de leurs glossateurs.
 
     
Aveux et Anathèmes, Cioran, 1987, Éditions Gallimard.






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La philosophie par le meurtre

Publié le 15 Mars 2009 par A*TALANTE dans Morceaux choisis

  






LA PHILOSOPHIE PAR LE MEURTRE

                            Celui qui a tué moins de cent fois
                                    qu'il me jette la première pierre.



    La philosophie est indispensable à l'homme.
Un adulte sans philosophie est grotesque. Il faut savoir trouver son chemin vers elle. Courage et perspicacité.
    Mais je ne vais pas en parler spécialement ici.
J'en parle partout à qui sait comprendre.
    Je parlerai de la foule.
  Il ne faut pas, lorsque je considère les différentes impossibilités qui m'empêchent d'aller de l'avant, il ne faut pas que dans ce moment je rencontre des gens dans la rue.
   On ne rencontre que trop de gens partout pour vous faire perdre la foi, vous embarrasser, vous ralentir, vous stopper, vous faire vous renier.
 Heureusement, il y a des moments d'impétueuse certitude où tous ces agités se trouvent "du mauvais côté", du côté qui cède, tandis que le vôtre est ferme, formidablement ferme.
   Vous descendez alors dans la rue et vous fendez à coups de faux la foule idiote. Le sort en est jeté. Des innocents ? Qui est innocent ? Qu'on nous les montre, s'ils existent !
    D'ailleurs, ils ne s'en portent pas beaucoup plus mal d'avoir été fauchés, ces insensibles, et vous, au contraire, vous vous en portez d'autant mieux. Essayez. Chacun peut ainsi descendre dans la rue. C'est une question de confiance. Ensuite, déchargé du geste qu'il fallait faire, vous pouvez, enfin rasséréné, accéder à la philosophie. Vous êtes arrivé à l'horizontalité parfaite. Profitez-en. Vous pourriez même sans vous forcer, être bienveillant. C'est agréable aussi, oui, du moins quand on commence...

        La vie dans les plis, Henri Michaux, 1972, Gallimard.





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L'aile du désespoir

Publié le 11 Mars 2009 par A*TALANTE dans Morceaux choisis













Il faut un appel extraordinaire au secours
De tout le sexe de la vie pour que dure la vie.

    L'aile du désespoir, Les Noces, Pierre Jean Jouve, Poésie / Gallimard.





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Aimant aimer

Publié le 11 Mars 2009 par A*TALANTE dans Morceaux choisis


                     






     
                    CONCLUSION


Mordu à la place terrible
(L'univers est décomposé
Par le sang du temps et en elle
Oeil ensanglanté d'un serpent)

Cependant fort je dégageai
Mal du doute et du mauvais temps
La privation essentielle.
Était-ce vrai était-je aimé

Par le Non le pur et le sans
"Aimant aimer je recherchais
Qui je pouvais, aimant aimer ".

   
            Diadème, Pierre Jean Jouve, Poésie / Gallimard.





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